Voici pour moi un photographe incontournable: Sebastiao Salgado, né le 8 fevrier 1944 au Brésil. D'abord économiste, il change brutalement de carrière en 1973 et se lance dans la photographie apres un voyage en Afrique où il emprunte l'appareil de sa femme. Autodidacte, il intègrera successivement les agences photo Sygma (1974-1975), Gamma (1975-1979) et Magnum (1979-1994).

Il commence par du reportage tels que la guerre en Angola et au Sahara Espagnol, la prise d'otages israéliens à Entebbe, et la tentative d'assassinat du Président Ronald Reagan avant de se lancer dans un cycle de travaux sur sa vision du « Monde majoritaire » de 1977 à 1992:

 

suivre le lien terra.com


"Travailleurs" sur le declin du statut du travailleur manuel dans l'ere informatique et technologique

"Autres Amériques" sur les Latino Américains toujours attachés à un mode de vie rural et traditionnel

"Famine au Sahel" temoignage de la survie d'un peuple dans des conditions atroces

   

Puis il entame un autre cycle intitulé « Exodes; humanité en mouvement » de 1993 à 1999 :

   

« Refugiés et migrants » quand la misere extrême oblige à tout quitter

 

« L'Afrique à la dérive » continent bien malmené que Salgado pense avoir retrouvé dans un état pire qu'il y a 30 ans lors de sa 1ere visite

 

« La lutte pour la terre » le combat des paysans sans terre

 

« Megapoles » ces villes qui explosent sous le nombre de migrants qui esperent y trouver de quoi survivre

 

« Enfants » bien souvent les 1eres victimes

 

 

 

Il a reçu presque tous les prix et récompenses possibles dans le monde entier. En 1994, il a fondé sa propre agence de presse avec sa femme, Amazonas Images ( http://amazonasimages.com/menu_fr.html  ), qui représente uniquement son travail.

 

 

 

Salgado fait donc partie de ces photographes « concernés », « engagés ». En effet, Salgado respecte enormement ses « sujets photographiques », et a tres souvent essayé d'utiliser son travail pour participer à l'amelioration des conditions de vie de ceux qu'il photographie car pour lui, son rôle ne consiste pas seulement à temoigner de l'état du monde mais aussi à contribuer à la résolution de ces problemes.

 

Ainsi, il a fait don d'une bonne partie de son travail sur la famine au Sahel à Médeçins sans Frontières; ou encore il a utilisé une partie des bénéfices de la vente de ses photos sur les mutilés des mines antipersonnelles au Cambodge, pour construire une usine et envoyer sur place deux experts formateurs de producteurs de protheses.

 

Il est aussi devenu representant spécial à l'Unicef (2001  http://www.unicef.org/french/salgado/bio.htm ), a aidé le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des associations telles que Médecins sans frontières et Amnesty International.

 

 

 

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L'actualité de Sebastiao Salgado

 

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Sortie de l'ouvrage « L'homme et l'eau » le 01/05/2005, aux éditions Terrebleue (48 euros), qui évoque donc les relations entre l'homme et l'eau, ressource précieuse et menacée, enjeu mondial.

 

Salgado s'est plongé dans ses milliers d'archives pour en extraire son sujet: « une histoire des hommes qui dépendent de l'eau pour leur survie, plutôt qu'une histoire conceptuelle sur l'élément aquatique. ». Il nous raconte (avec texte de Christian Sorg ), en N&B (toujours), l'histoire d'hommes et de femmes qui vivent et souffrent avec l'eau. Comme ces enfants ethiopiens dans un camp de refugiés qui écoutent emerveillés, l'eau couler d'un tuyeau; ou encore ces habitants d'un bidonville de Bombay qui souffrent du manque d'eau alors qu'ils vivent collés au pipeline qui alimente les quartiers riches de la ville, ironie cruelle; mais aussi des scenes de pêches, la joie simple des baignades enfantines...

 

 

L'eau est un bien precieux du patrimoine de l'humanité qui ne peut se reduire à une simple marchandise. L'homme se doit de respecter ce bien indispensable à sa survie ainsi qu'à celle de toutes les especes vivantes. L'expo est comme un hymne , qui nous interroge sur les enjeux de la question de l'eau qui selon Salgado devrait être une priorité mondiale au même titre que l'éducation:

 

« L’eau est source de vie, de loisirs et de plaisirs, essentielle à la survie de l’Homme et de toutes les espèces vivantes de notre planète. L’eau doit être préservée. Elle peut se dévoiler parfois comme un danger quand l’homme ne la respecte plus… »

 

 

 

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Travaux en cours

 

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A 61 ans, le photographe travaille depuis deux ans sur un projet personnel intitulé "Genesis", soutenu par l'UNESCO, une série de reportages sur les derniers endroits vierges de la planète. "J'ai passé des années à montrer la dignité de l'être humain. Je veux montrer aujourd'hui celle de la nature", conclut-il.

 

Son succès aupres du public lui a aussi permis de créer l'Instituto Terra  qui se consacre à l'éducation à  l'environnement et au reboisement du territoire  de « Minais Gerais » au Brésil, sa région natale. Des scientifiques y cherchent à élaborer des methodes pour stopper la deforestation massive et des milliers d'écoliers sont déjà venus aider à replanter des arbres.

 

 

 

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je vous encourage donc vivement à visiter son site  http://www.terra.com.br/sebastiaosalgado/index.htm

 

pour les photos bien sûr (bien qu'un peu petites) mais aussi pour toutes les infos qu'on y trouve sur sa vie, son engagement humaniste et ne ratez surtout pas l'entretien avec Carole Naggar sur le projet Exodes, passionnant....

 

Une citation pour conclure:

 

« J'espère que la personne qui sort d'une de mes expositions n'est plus la même que celle qui y est entrée, explique M. Salgado. Je pense que l'aide des gens ordinaires peut être très importante. Non pas en donnant des biens matériels mais en participant, en prenant part à la discussion, en se sentant réellement concerné par ce qui se passe dans le monde. »