les jours passent.....

les photos s'entassent....

11 août 2006

RIP Arles 2006: les murs s'exposent

DSC_0164




Extrait de la série "Arles 2006: les murs s'exposent" (voir album)

Posté par hypatia à 08:58 - Couleurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


08 août 2006

RIP Arles 2006 - Compagnons de route

Comme je vous le disais, les expositions selectionnées par Depardon étaient regroupées en 3 themes. Aujourd'hui, je vais donc vous parler des « Compagnons de route »: photographes, amis, artistes... du reportage à la presse people en passant par la mode et l'art contemporain, qui l'ont aidé et avec qui il a toujours échangé tout au long de sa carrière...

 

 

Beaucoup des expositions étaient réunies un peu en dehors du centre ville, aux anciens ateliers SNCF, aujourd'hui en ruine mais en passe d'être rehabilités, Pour une amatrice de friches industrielles, ces 11 ha de bâtiments à l'abandon donnaient envie de s'y égarer.

 

Mes coups de coeurs chez les « Compagnons »:

 

 

Susan Meiselas (2 expositions):

 

 

- «Carnival Strippers » , un de ses tout 1er travail: pendant 3 étés (de 1972 à 1975), elle a photographié et interviewer des femmes stripteaseuses dans des fêtes foraines de la Nouvelle Angleterre. Des N&B magnifiques, un grain splendides qui vient adoucir la crudité de certaines images. Personnellement, j'ai adoré! Un magnifique regard porté sur ses femmes!

 

 

Je prefere vous laisser admirer ses images  et vous livrer quelques extraits:

 

 

Le Boniment (extrait):

 

 

« Attention, attention!!!Faites bien attention! On arrête la musique!Car vous allez voir du burlesque, du strip-tease; elles vont vous faire un drôle de tchou-tchou,et, papa, elles montrent tout! Le spectacle va commencer – c'est maintenant ou jamais!Vous pouvez être au 1er rang, je dis bien au 1er rang, où vous n'en perdrez pas un poil, où vous vous lecherez les doigts ! Car il suffit de lever les yeux, vous verrez tout ! (,,,)

 

Des filles, des filles, des filles ! Voici Candy ! Quand Candy danse, les vieux se sentent jeunes, et les jeunes se sentent mieux !!! Elle donne au mari de quoi resister chez eux au rouleau à patisserie, et au marins de quoi suer sang et eau ! (,,,)

 

Le spectacle va commencer, et elle n'en cache pas un petit bout!!! »

 

 

Lena, stripteaseuse:

 

 

« Etre stripteaseuse, c'est ce qu'il y a de plus proche du monde des hommes. C'est une dure existence. Il vous faut de la force et du caractere. Les hommes dependent de vous – pour les divertir et pour leur faire gagner de l'argent. Et quand ils entrent, c'est à la fille de se débrouiller. Elle a 40 bonshommes devant elle. Ils pourraient la mettre en petit morceaux. Elle doit les contrôler, les retenir, et tout ce qu'elle a pour ça, c'est sa cervelle et son talent. Les hommes sont incapables de voir que c'est ça. Les filles considerent ça comme revolutionnaire – pouvoir dire pour la 1ere fois de leur vie : « Je te fais manger dans la paume de ma main » »

 

 

- « Recadrer l'histoire »

   

 

Susan Meiselas a aussi beaucoup travaillé sur l'Amerique Latine (notemment sur la question des droits de l'homme). En 1979, elle etait présente lors de l'insurection contre la Garde Nationale de Somoza au Nicaragua. 25 ans apres, elle a réalisé avec les clichés de l'époque, des grands tirages sur une sorte de toile resistante, qu'elle est allé suspendre sur les lieux exacts où ils avaient été pris. Ainsi, en parallele de l'expo, on pouvait visionner un film montrant l'installation des ces tirages, la réaction des gens, leurs commentaires sur cette époque, ce qui a changé (ou non) ...  Absolument passionnant !

voir: susanmeiselas.com ; MagnumPhoto 

 

 

 

2eme coup de coeur: Gilles Caron & Don McCullin

 

 

« Chant/contre-chant 1967-1970 »

 

 

ou le regard croisé de deux photographes de guerre de legende, à travers des zones de conflits, à la fin des années 60: guerre des 6 jours, Vietnam, Biafra, Tchad, Irlande du Nord et Cambodge (où Caron a finalement disparu, 1er d'une série d'une vingtaine de journalistes et cooperants disparus cette année là ; quant à Mc Cullin il fut blessé par un tir de mortier quelques semaines plus tard),

 

 

Une expo passionnante, qui nous replonge en plein dans l'horreur de ces conflit. Personnellement, au final, ma « preference » -si je puis dire- allait à Caron, qui je crois, meriterait plus de reconnaissance...

 

 

Mc Cullin, à propos de Caron : « Dés qu'un nouveau conflit éclatait quelque part dans le monde, je me disais toujours qu'il fallait toujours que j'arrive sur place avant Gilles. Je savais que nous serions en compétition et que nous ferions tout notre possible pour ramener le reportage le plus fort et le publier en 1er. (...) Il se passe peu de jours sans que je pense à sa disparition, au courage dont il a fait preuve, et au prix qu'il a payé pour exercer son métier. En temoignant sur ces évenements que certains gouvernements auraient tant souhaiter pouvoir cacher, il voulait simplement rendre le monde un peu plus vivable, un peu plus juste. »

 

 

 

A noter que McCullin, proposait une seconde exposition, « Un coin d'Afrique », sur les tribus semi-nomades du sud de l'Ethiopie (photos prises en 2003-2004), principalement des portraits ou photo de groupes, souvent d'hommes en tenue traditionnelle. Un monde où selon le photographe, « les hommes sont couverts d'armes, et où le danger est partout autour de soi »

 

 

j'ai eu du mal à trouver des images se rapportant plus à cette expo, voir: McCullin  & Caron
   

 

 

Autres « Compagnons de route »:

 

 

-Guy Le Querrec, « l'Oeil de l'élephant » , photographe de la société française, de l'Afrique et du monde du jazz. L'exposition présentait un extrait des differentes facettes de son travail, je me suis plus particulierement arrêtée sur la série « les français en vacances »

 

 

-David Burnett, « Politique,S 1973-1977 » , exposition reprenant des images du coup d'etat contre Allende, au Chili en 1973, ainsi que de nombreux clichés de la vie politique française (Giscard, Mitterand etc..) , Interessant... Le plus français des photographes americains selon Depardon.

 

 

-Dominique Isermann, « Cartes postales » L'exposition tire t elle son nom du fait que l'on y vendait, des cartes postales reproduisant ses celebres clichés? Toujours est il que j'étais relativement déçue de ne pas pouvoir admirer reellement des tirages puisque l'expo consistait en fait en une sorte de retrospective projetée sur grand ecran. Malgré tout, j'ai quand même pris plaisir à découvrir un peu mieux cette grande photographe de mode.

 

 

-Claudine Doury, « Au delà des steppes », jeune photographe de l'agence Vu , Exposition interressante sur une Asie Centrale post soviétique,,, Un beau regard, à suivre,,,

 

 

-Sophie Ristelhueber, « Eleven Blowups » Une installation inédite, crée spécialement pour Arles, et composée d'images créees à partir de rushs vidéos de l'agence Reuters. Personnellement, j'avoue avoir été déçue par cette exposition qu'à la lecture du concept j'avais vraiment envie de voir... L'exposition consiste en fait en une ballade dans un appartement vide, où 11 images grand format,représentant uniquement des trous d'obus, ont été collées à même les murs. Interessée par le concept de départ, j'avoue ma deception face à la réalisation finale...

 

 

-Daniel Angeli, projection et commentaire audio du photographe des stars, un des tout 1er compagnon de route de Depardon. Tres interessant de l'entendre parler de l'evolution de la presse people, des papparazzis, de ses relations avec les stars (depuis 10 ans, il est le photographe attitré de Johnny Hallyday par exemple).

 

 

 

 

 

 

Articles à venir: 

 

 

« Les photographes du politique et de la société »

 

« Les prix des Rencontres »

 

 

Posté par hypatia à 13:55 - Articles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 août 2006

RIP Arles 2006 - Influences

affiche_Arles_2006RIP 20006 , KESAKO? Les Rencontres Internationales de la Photographie bien sûr Wink

Cette année, elles avaient lieu sous la presidence de Raymond Depardon, grand reporter , co-fondateur avec Gilles Caron de l'Agence Gamma. Avec un tel president, on pouvait s'attendre à une programmation relativement "classique", axée plus particulierement reportage.

Site officiel: http://www.rencontres-arles.com/



C 'etait la 1ere fois que j'allais un festival photo, et franchement je regrette pas les 2 fois 1000km a/r pour reussir à tout voir ( ça avait tout du marathon !!!!) . Je regrette juste de ne pas avoir pu y être lors de la semaine d'ouverture (programme, voir site officiel ), de nombreux photographes etaient presents, conferences, debats, stages etc.... ça semblait vraiment interessant .... surtout, il y avait "mon Maître", Salgado .... raalala, que j'aurai aimé passer "une journée avec..."

 

Enfin, bref, dans tous les cas, j'en ai pris plein les yeux, et ai pu mesurer le chemin qu'il me reste à parcourir....  J'ai eu pas mal de coup de coeurs, des decouvertes.... De plus, Arles est vraiment une petite ville splendide, et rien que se balader de lieux d'expos en d'expos etaient tres agréables, malgré la chaleur accablante... Chaque ruelle est un plaisir des yeux... On comprend pourquoi tant d'artistes ont pu y passer tant de temps (je pense notamment à Van Gogh...).

 



Ainsi, la cinquantaine d'expositions etaient regroupées en 3 grandes sections Influences, Compagnons de route, Photographes du politique et de la société:

 

les Influences où Depardon rend hommage aux photographes qui l'ont inspirés, notamment les photographes americains.

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤   Ainsi il nous a presentés une selection de 250 tirages "la photographie americaine à travers les collections françaises"

Là j'ai vraiment apprécié de voir par exemple des tirages d'Anselm Adams (http://www.anseladams.com/) Là on se rend vraiment compte de ce qu'on rate quand on ne voit des images que sur le net....

Mais au final, je n'ai pas retenu grand chose, j'avoue, si ce n'est Lewis Wickes Hine, photographe dans les années 30, qui a beaucoup travaillé sur les chantiers des buildings à New York (Wickes Hine ) ;

Arthur Fellig Weegee, photoreporter des années 30-40, principalement connu pour ses traques du scoop, sa radio branchée sur celle de la police (Weegee's world , Weegee images , 43 images) ;  

Helen Lewitt photographe des années 40 dans la mouvance de ce qu'on appelle la "street photography" (plus d'info, mais pas d'images )

Walker Evans, connu principalement pour son travail sur la Grande Depression, contribuant au programme de la Farm Security Administration, comme Dorothea Lange (Walker Evans )

 

 

 

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤ Cornell Capa (hongrie/Etats Unis)  "JFK President!"

Toujours dans le cadre des "Influences", une magnifique exposition (principalement en n&b, mais aussi en kodachromes) sur la campagne electorale de JFK, et ses 1ers jours au pouvoir ... là on est vraiment à la jonction du reportage et de l'esthetique....  Il ne cherchait pas la photo "choc" d'actu, mais on sent bien l'enthousiasme que kennedy suscitait sur son passage ... Des cadrages/compos splendides, une vraie decouverte coup de coeur pour moi (en effet, on connait souvent plus Robert Capa, son frere (Images Magnum )

 

 

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤ Robert Adams (Etats Unis) "Nos vies, nos enfants"

Voici le texte qui presentait l'expo: " Allegorie catastrophiste sur la menace nucleaire et l'autodestruction de l'homme à traversdes scenes de vie quotidiennes à Denver"

 

Içi, on est totalement dans le type d'exposition qui ne peut se passer de mots, d'explications, en effet que voit on? simplement des images de gens dans la rue, dans les parkings de supermarché, beaucoup de famille, d'enfants, des images toutes simples, une mere qui pousse son caddy un enfant dans le chariot, un grand pere qui prend sa petite fille rieuse dans les bras etc... rien de vraiment percutant, du pur quotidien... mais toutes ces vies sont en permanence sous la menace de l'usine d’Armement Nucléaire de Rocky Flats situé à 16 km à peine de Denver.... De nombreux accidents ont déjà eu lieu, pour l'instant sans grande gravité et souvent du à des erreurs humaines (plus de 200 incendies recensés déjà, heureusement maîtrisés avant que le pire n'arrive) .

Adams cherche donc à nous questionner à sur cette menace qui nous concerne au final tous, à nous montrer ce qui est susceptible de disparaître à tout instant :" En résumé, les détonateurs au plutonium, dont la fabrication se révèle dangereuse pour Denver, font partie intégrante d’un système mondial laissant tellement place à l’erreur et au dysfonctionnement qu’il est raisonnable de penser qu’ils causeront la mort de nombre d’entre nous, à un moment précis mais difficilement concevable. Face à cette conclusion, nous avons la volonté presque immédiate d’abandonner, de se libérer d’un espoir qui semble impossible. Nous ne trouverons en nous-mêmes la volonté de continuer à questionner les hommes politiques qu’après, je crois, avoir pris conscience des individus avec lesquels nous vivons. Combien chacun est mystérieusement absolu. Combien beaucoup accomplissent, dans des instants de réflexion, de joie ou d’inquiétude, une sorte d’acte héroïque. Chacun réfute l’idée que des pertes puissent être acceptables."

(voir des images )

 

au final une expo interresante , mais pas non plus un coup de coeur...

 

 

 


Allez, pour aujourd'hui ça suffira 

 

Wink

 

je vous parlerais du reste prochainement, le temps de vous laisser ingurgiter tout ça déjà

 

Posté par hypatia à 12:17 - Articles - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1