h2_1998

         

Blue Tango, 1984
Miguel Rio Branco


¤ ¤ ¤ De la peinture à la photo...

   

Né en 1946 aux Iles Canaries dans une famille de diplomates, Miguel Rio Branco a grandi entre le Portugal, la Suisse, le Brésil et les Etats Unis. Il a commencé sa carrière artistique comme peintre et c'est par le cinéma qu'il est venu à la photo, en étant photographe sur les tournages. Après des cours de technique photo à l'Institut (1964) de la Photographie à New York, passionné de dessin et de peinture, il poursuit des études à l' Ecole Supérieure de Design Industrial de Rio de Janeiro (1968).

   

Mais trés vite il ne se sent pas fait pour ça. L'époque est à la politique, et la photo et la caméra lui ont paru plus appropriées: « j'avais l'impression d'obtenir une image plus directe, plus engagée, et en tout cas moins élitiste que la peinture, une image qui ne se montre pas que dans des vernissages et dans les milieux de l'art...La photo m'a semblé plus directe tout en permettant une construction poétique.


¤ ¤ ¤ Les débuts

   

En 1970, il part vivre à New York et travaille surtout comme photographe ou directeur de la photo sur des films. Il réalise aussi des films expérimentaux qu'il qualifie de « documentaires poétiques « hard » ».

 

En 1972, apres le déces de sa mère,il revient au Brésil pour travailler sur la société brésilienne.

 

De 1973 à 1976, il voyage dans le Sertao de Bahia où il commence son travail « Negativo Sujo » (« Négatifs sales »). Base de son oeuvre future, il utilise déjà  des associations d'images

 

En 1978, il part vivre au Salvador et démarre son travail sur les prostitués de Maciel. Parallèlement aux photos, il réalise aussi un film de 20 minutes (« J e n'emporterai rien quand je mourrai, ceux qui me doivent quelque chose me paieront en enfer ») qu'il qualifie de travail poétique où il cherchait déjà à se « libérer du sujet, à le déconstruire ». Ce qui l'intéresse, c'est de montrer un rapport à la vie, au choses.

 

 

 

¤ ¤ ¤ Reporter?

   

En 1978 il rentre à l'agence Magnum comme correspondant étranger. Mais il ne se considère pas comme un reporter. 

 

http://www.magnumphotos.com/cf/htm/TreePf_MAG.aspx?Stat=Photographers_Portfolio&E=29YL53UWQ57

 

En effet, il a en réalité, très peu couvert l'actualité, uniquement lors d'investitures d'hommes politiques au Brésil car il avait « envie de voir de plus prés ces gens qui détiennent le pouvoir » et il refuse d'être considéré comme un « photographe du Brésil »:dans les années 90, il n'a photographié pratiquement qu'en Europe (Espagne, France, Portugal...).

   

 

¤ ¤ ¤ Du N&B à la couleur 

   

En 1980, suite à un incendie dans son studio, il perd toutes ses archives Noir&Blanc.Les seules photos qu'il a pu sauver étaient celles qu'ils avaient emmenés avec lui, des diapos couleurs. Apres l'incendie, il a récupéré des amas de négatifs fondus sur du papier: des traces qu'il a agrandies et reprographiées. Il comptait les exposer aux Rencontres d'Arles sur des pares-brises de voitures accidentées et dans des caissons lumineux.

   

Selon Gabriel Bauret (commissaire d'expositions et auteurs d'ouvrages sur la photographie, dont « Color Photography » ed. Assouline ), Branco est un coloriste, dans le sens « où la couleur determine l'acte photographique et joue à jeu égal avec le sujet » . Mais pas un coloriste au sens où on l'entend généralement, c'est à dire , ceux qui jouent sur des contrastes tres marqués de couleurs saturées. La palette de Branco comporte plutôt des rouges, des jaunes, bruns, ocres, sable, terre...  « Des couleurs à consonnances plus minérales que végétales » Il ne joue pas sur la transparence mais plutôt sur l'opacité. La couleur est là pour sublimer l'athmosphere des univers qu'ils photographie.

 

 

¤ ¤ ¤ Les récompenses 

   

En 1982, il reçoit le Prix Kodak de la Critique Photographique ainsi que le prix spécial du jury au Festival de Lille pour son film « Nada. »

 

En 1988, il obtient le prix du directeur photo pour les films « Memoria viva » et « Abolicao » au Festival du Film Brésilien.

      

¤ ¤ ¤ Est il vraiment un photographe?

   

Branco a commencé à travailler en 24*36, puis il a évolué vers le 6*6 et le materiel Rolleiflex et Hasselblad. Depuis 1974, il travaille surtout sur l'association d'image, la « mise en rapport » et le format carré lui permet de créer des pieces plus complexes composées de dyptiques, polyptiques (ses prochaines expos devraient être des assemblages de photos au format carrés qui devraient mesurer jusqu'à 2,5m*5m ). Pour lui, ce qu'il expose n'est pas de la photo: ce sont des collages, où la photo sert de matière première qu'il assemble comme il monterait un film. D'ailleurs, il ne travaille pratiquement plus qu'avec ses archives: la prise de vue n'est plus son souci premier.

 

 

 

¤ ¤ ¤ Sources pour la redaction de l'article, voir des images

 

 

¤ sur internet:

 

http://www.magnumphotos.com/cf/htm/TreePf_MAG.aspx?Stat=Photographers_Portfolio&E=29YL53UWQ57

 

http://www.cgrimes.com/artists2/riobranco/mrb2004/mrb04.html

 

http://www.millanantonio.com.br/p/artista_obra.asp?idartista=8

 

(rubrique « artiste ») http://www.jgmgalerie.com/fr/jgm.html

 

http://www.metmuseum.org/toah/ho/11/sa/ho_1998.206a-j.htm

 

 

 

¤ RéponsesPhoto - Hors série2 - juin-juillet 2005